Création

L'écriture de Death Note s'est déroulée de manière similaire pour les différents chapitres. Tsugumi Ōba écrit dans un premier temps le scénario, puis l'envoie à Takeshi Obata. Ce dernier le lit et détermine le découpage des cases. Obata dessine ensuite lui-même tout ce qui concerne les personnages et l'univers visuel. Ses assistants appliquent enfin ses consignes et réalisent les bâtiments ou les décors[2].

Thèmes abordés

Bien que classé comme shōnen manga de par sa prépublication, et donc ciblant un public jeune et masculin[12], Death Note présente plusieurs niveaux de lecture ; aussi des thèmes politiques et philosophiques sont-ils identifiés et abordés par les commentateurs, à défaut d'avoir été volontairement initiés par l'auteur, Tsugumi Oba, qui estime qu'il n'y a aucun message, aucune idéologie dans ce manga qui se résume donc, à ses yeux, à un combat stratégique et psychologique entre Light et ses adversaires[13] :

Les problématiques de la peine de mort et de la justice
Elles sont abordées avec les meurtres d'un Light auto-proclamé juge de l'humanité par la grâce du Death Note, mais aussi via l'attitude de ses poursuivants, qui n'hésitent pas à bafouer les droits de l'homme pour parvenir à identifier Kira[14]. Chacun des protagonistes, finalement, lutte pour sa conception de la justice en agissant à l'opposé de l'idéal défendu, ce qui, somme toute, transcende les clivages et appelle à un rejet du manichéisme en la matière. Tsugumi Oba déclare ainsi que Near, à la fin du manga, « invite chacun de nous à se joindre à sa réflexion [sur la justice] » lorsqu'il se livre à la critique des agissements de Kira[15].
Le Bien et le Mal
Light est persuadé d'agir au nom du Bien puisqu'il vise à devenir le dieu d'un monde idéal car expurgé de toute criminalité. Mais, dans le même temps, la méthode utilisée pour parvenir à cette utopie est le meurtre en série, et l'assassinat des innocents qui osent se dresser sur son chemin… Un paradoxe qui peut, là aussi, s'interpréter comme une volonté de relativiser ces deux notions antinomiques[16]. Le scénariste, Tsugumi Oba, est plus absolu : tout en se défendant d'avoir voulu véhiculer la moindre idéologie ou message philosophique, il précise qu'à titre personnel, il voit en Light « le mal absolu », et ajoute que « L n'est pas forcément mieux »[15]. Au-delà, la question de la corruption de la nature humaine par le pouvoir est abordée : Light, qui ne voyait au départ en le Death Note qu'un moyen de bâtir son monde utopique, a progressivement glissé vers l'obsession de devenir un dieu, au point, à la fin du manga, de sombrer dans la folie[14].
La dissimulation
L'un des enjeux pour les personnages est de cacher à tout prix leur identité et/ou leur apparence : Light pour ne pas être démasqué et arrêté, les autres pour ne pas se révéler à Kira[17].
Le sens de la vie
Death Note est parfois présenté comme une « contre-allégorie de la caverne » (en référence à Platon)[17]. Light (lumière en anglais) cherche, avec le Death Note, à donner un sens à son existence alors qu'il apprend dans le même temps de Ryuk qu'il n'y a rien après la Mort, et que la vie est donc vaine et éphémère. Il agit néanmoins, pour essayer de « sortir de la caverne », bien qu'il n'arrive au terme que dans le Néant ; ou alors dans un monde plus sombre encore, celui des shinigamis (desquels il embrasse l'existence en se servant du Death Note, et accède donc par ce biais à leur univers) : les shinigamis eux-mêmes, bien que supérieurs aux hommes, ignorent l'origine de leur création et le pourquoi de leur mission mortifère…[17]
La religion
Elle est aussi abordée car Light estime être le dieu de son nouveau monde. De plus, dans la version animée, L nettoie les pieds de Light peu avant qu'il ne meure à cause du stratagème impliquant Misa et la participation de Rem. Light serait donc le « Juda » de L. Sans parler de la passion de Ryuk pour les pommes, le fruit défendu. Ainsi que dans l'émission de Sakura TV, le temple de Kira, Demegawa a fait construire un temple dédié à Kira, la seule différence par rapport à la Bible est que Demegawa prend cette initiative tout seul. Dans l'anime, le premier générique d'ouverture montre une reprise de la sculpture La Pietà de Michel Ange, la Vierge Marie remplacée par le personnage Naomi Misora et Jésus par Raye Penber. Certaines musiques font aussi références à des termes religieux : par exemple, le thème de l'anime reprenant les airs de Carmina Burana: O Fortuna, elle-même basée sur un recueil de poèmes religieux.